Vivre avec la Phobie Scolaire

Mon Histoire

 


Je m'appelle Déborah, j'ai 20 ans. J'ai fais une phobie scolaire de 1997 à 1999.

(Pour l'histoire je change les prénoms)
Avec Brigitte, on est dans la même classe. C'est le genre de fille à vouloir tout avoir, à monopoliser l'attention et à tout ramener à elle. Elle est aimée, et tout le monde veut être son ami. Mais si elle décide qu'une personne n'est plus son ami, elle va faire en sorte que tout le monde soit sur le dos de sa « victime » alors qu'elle n'a rien fait. Et cette personne va se retrouver seule que ce soit en classe, à la cantine, dans le bus. Et tout ça de 8h30 jusqu'à 16h30.

Donc voici le début de mon histoire. Je me retrouve seule du jour au lendemain à cause d'un jeu que je ne veux pas faire et ça ne plait pas à Brigitte donc elle fait tout pour que je sois seule. Et ca traine sur plusieurs jours. Mais un jour, ça explose, plus personne ne me parle et Brigitte en rajoute des couches et des couches par des mots, des gestes pour me mettre encore plus minable...

Je laisse donc passer la journée (qui devient de plus en plus insupportable, surtout que je n'ai que 10 ans et qu'a cet âge là, tout est difficile à comprendre) Je rentre chez moi et à partir de ce moment là, j'ai fait un blocage.

Le lendemain, impossible de me faire bouger, mes parents m'ont habillée de force, ils ne comprenaient pas mon comportement et mes raisons, jusque la, inconnues à leurs yeux. Ils décident donc de m'écouter mais ne me croient pas. Ils laissent passer la journée, mais je la passe punie dans ma chambre. Le lendemain, rebelote. Ma mère pense que le meilleur moyen pour arranger la situation c'est d'aller parler à la mère de Brigitte et à Brigitte pour tout mettre au point.

8h, arrivée chez Brigitte, sa mère me regarde comme si j'étais une conne, l'air de dire « Au moins ma fille n'est pas comme la votre et n'a peur de rien » puis ça parle, ça parle et on ressort de chez elle à 8h30, heure de l'école. Comme Brigitte avait promis d'être gentille avec moi, j'allais un peu mieux. Mais une fois les portes de l'école fermées et assises en classe, j'en ai pris plein la tête. Ils se moquaient tous de moi, me critiquaient et me montraient du doigt en rigolant. Et à partir de la, je ne suis plus retournée à l'école.

 

J'étais en Cm2, je crois que c'était fin mai. Mes parents se disaient que c'était un passage et qu'ils laisseraient le mois de juin et les vacances d'été passer pour qu'en septembre je puisse retourner en cours normalement.

Mais septembre arrive et je fais ma rentrée 6eme comme si de rien n'était jusqu'à ce que je vois Brigitte. Peur panique, le lendemain jour de la rentrée officielle je n'ai pas bougé de mon lit. Et chaque matin c'était la même histoire « Déborah habille toi !! » « Déborah, dépêche-toi !! » mais j'étais trop paniquée pour faire quoi que ce soit et surtout pour me retrouver face à Brigitte. Je me souviens que certains matins, mes parents m'attrapaient par les jambes pour me sortir du lit mais j'essayais de m'accrocher aux murs de ma chambre, au contour de la porte et à tout ce qui pouvait m'empêcher de sortir.

Je voyais ma mère pleurer et prendre des médicaments pour se calmer. Je me disais que tout était de ma faute, et je pleurais tellement qu'elle me passait la tête sous l'eau froide.

Quelques mois plus tard, j'étais toujours chez moi, et j'avais l'impression que mes parents avaient honte de moi. Quand on devait faire des sorties, j'étais punie et je devais rester assise à coté d'eux en regardant les enfants de leurs amis s'amuser.

Et ça a duré 2 ans et demi. J'ai fais des cours par correspondance. Ma première 6eme, je l'ai redoublée donc j'ai fais deux  6eme par correspondance. J'ai vu 4 ou 5 psychologues. Je me souviens qu'une seule avait défini mon cas en "Phobie Scolaire". Chaque matin en me levant, je ne voulais pas affronter les autres, les cours, les professeurs. Leur regard sur moi était trop oppressant. Je ne pouvais pas supporter ça. J'ai fais je ne sais plus combien de dépression, j'ai pris des médicaments pour ne plus "avoir mal". Je m'entaillais les bras (chose très inutile mais qui sur le moment peut faire du bien (c'est bête un jeune))

Enfin bon, j'ai vraiment passé des moments difficiles quand je faisais ma phobie scolaire mais j'ai réussi à m'en sortir en retournant (un peu forcée) au collège car mes parents me disaient que si je n'y allais pas, ils m'enverraient en internat (ce qui m'horrifiait car je ne voulais pas me séparer d'eux).

En tout cas maintenant c'est le passé, j'ai ""survécu"" et même si j'ai quelques peurs encore présentes, concernant de nouvelles choses, des sorties ou il peut y avoir du monde, et surtout du monde que je ne connais pas, des décisions à prendre seule, des choix de vie et bien j'essai de prendre sur moi car si je n'affronte pas tout ce qui me fais peur, je n'aurai pas ce que j'ai aujourd'hui et surtout pas l'homme que j'aime... Car ca aussi c'est une longue histoire ;)

Ce qui est sûre c'est que maintenant j'aime ma viiiiiiiiie ...

 

5 commentaires - aucun rétrolien