Vivre avec la Phobie Scolaire

Intégration en milieu scolaire

Source : Inspection Academique Du Doubs


 
Un certain nombre de conditions nous ont semblé indispensables.
 
Devant des situations d’absentéisme scolaire, pouvoir évoquer la phobie scolaire : la phobie scolaire constitue une des causes d’absentéisme scolaire. Causes qui sont par ailleurs multiples, notamment dans la tranche d’âge préadolescent-adolescent : contexte sociofamilial, échec scolaire, errance et conduites à risque... C’est la dimension anxieuse qui doit alerter et faire évoquer une problématique de phobie scolaire.
 
 
 Mettre en place des soins :
Le suivi psychiatrique est indispensable. Il vise bien entendu à améliorer la situation personnelle de l'adolescent.
 
 
 Rédiger un Projet d'intégration :
Il contractualise les modalités de prise en charge psychiatrique, les conditions d'accueil dans l'établissement, l'engagement de l'élève pour des objectifs acceptés par tous : le service de soins, le chef d'établissement, le professeur principal, le médecin scolaire, l'infirmière scolaire, l'élève.
 
 
 L'implication des personnels de Santé de l'Éducation nationale :
Le médecin scolaire garde un contact étroit avec le service de soins ou le médecin psychiatre qui suit l'enfant. L'infirmière scolaire plus présente dans l'établissement établit une coordination forte de tous les personnels concernés dans l'établissement ainsi qu'avec les soignants pour assurer le suivi au quotidien (un carnet de suivi pourrait être imaginé au cas par cas).
 
 
 Une évaluation régulière et rapprochée :
Elle peut éventuellement se faire a minima si la situation est plutôt favorable, mais un bilan très régulier 2 fois par trimestre, un point sur la situation est fortement souhaitable. Elle permet de recadrer et réajuster le projet initial
 
 
 Conserver pragmatisme et souplesse :
Il faut rappeler les difficultés importantes rencontrées dans ces problématiques pour que ces adolescents puissent réintégrer un circuit ordinaire. Avec l'aide du pédopsychiatre, il est toujours possible de réfléchir et de réadapter la prise en charge globale qui avait été prévue. Il est également possible de conjuguer les interventions conjointes ou successives des différents modes de scolarisation possible (établissement, SAPAD, CNED). La condition obligatoire est de s'inscrire dans un projet construit et non pas dans des réponses ponctuelles au coup par coup.
 
 
 Les périodes de déscolarisation :
 
¤ Le SAPAD
Pour répondre au nombre croissant de demandes concernant cette pathologie, le SAPAD a mis en place un « contrat pédagogique d'intégration », outil efficace si le projet pédagogique est inclus dans le projet thérapeutique et s'il est accompagné de certaines conditions.
 
 
¤ le CNED
La décision d'instruire hors établissement est toujours très difficile. Cependant si cette solution est retenue, il faut garder un regard extrêmement attentif sur la globalité de la prise en charge. Un contact entre le CNED par l'intermédiaire du médecin conseiller technique est à prévoir. La rédaction d'un PEI pourrait être proposée

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La phobie scolaire tend à s'élargir

 

Petit enfant nostalgique de sa maman à l'adolescent en révolte contre l'école, le concept de "phobie scolaire", appelé de préférence aujourd'hui "refus scolaire", tend à s'élargir, reflétant l'évolution de la société.

La prévalence du refus scolaire varie autour de 2% des enfants scolarisés en primaire et au collège, selon une communication présentée mardi par le Pr Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre, devant l'Académie nationale de médecine.

Les pics de fréquence se situent entre 5 et 7 ans (début de la scolarité primaire), vers 11 ans (entrée au collège) et à partir de 14 ans. La survenue tardive du trouble est un facteur aggravant de même que sa prise en charge tardive, a indiqué le Pr Mouren.

"Le refus scolaire se voit plus fréquemment dans la préadolescence que dans l'enfance", souligne le Pr Mouren, alors que ses conséquences "sont d'autant plus délétères que celui-ci survient tardivement".

Ce sont en fait souvent des enfants qui ont souffert de "troubles de l'apprentissage parfois passés inaperçus" et dont "la scolarité a été marquée par l'échec", explique-t-elle.

Les parents ne sont pas forcément les mieux placés pour détecter le trouble, le dépistage étant surtout l'affaire des différents professionnels de l'école (chefs d'établissement, conseillers d'éducation, infirmières scolaires...). Les médecins généralistes ont aussi un rôle de premier plan, puisque les enfants leur sont souvent adressés en première intention, notamment pour des plaintes somatiques (maux de tête, de ventre...).

 

La phobie scolaire évolue

Le concept de refus scolaire évolue: si l'accent a d'abord été mis sur des facteurs intrapsychiques, comme la dépendance psychologique à la mère, les facteurs externes entrent maintenant en ligne de compte. Changement d'établissement, incidents (harcèlement, racket...), peuvent être des "facteurs précipitants". "L'école n'est plus obligatoirement un lieu de sécurité", souligne le Pr Mouren.

Les troubles anxieux comme l'angoisse de la séparation, la phobie simple (peur d'un camarade, de la cantine...), la phobie sociale (peur de la moquerie, de la critique...), sont plus fréquents chez les enfants et les pré-adolescents, indique-t-elle. Le trouble anxieux peut passer longtemps inaperçu lorsque son installation est progressive.

Les troubles du comportement (refus des ordres, vandalisme, agressions... ) s'accompagnent souvent d'absentéisme scolaire et se retrouvent davantage chez les adolescents.

"L'enfant doit absolument retourner à l'école", insiste le Pr Mouren, ce qui implique généralement une "alliance" entre les thérapeutes et la famille et les enseignants. La rescolarisation peut être programmée, s'étaler sur plusieurs semaines, l'essentiel est qu'"elle amène l'enfant à retourner à l'école".

Le Pr Mouren estime que "l'attitude de la famille est un facteur essentiel de la pérennité ou non du trouble", soulignant que des parents peuvent "installer l'enfant dans son refus" en lui organisant une vie adaptée: accès aux jeux vidéo, achat d'animaux de compagnie, cours par correspondance...

Au Japon, où le refus scolaire est en constante augmentation depuis 1960, des centaines de milliers de jeunes vivent aujourd'hui enfermés chez eux: ce sont les "hikikomori" ou "socialement exclus".

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